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la légende du Loup vert

Publié le 21/11/2021 à 09:12 par causes Tags : sur saint travail mort femmes center
la légende du Loup vert

 

 

En 654, à la demande de la reine Bathilde, Philibert, fils d’un comte franc de Vasconie, fonde l’abbaye de Jumièges sur un domaine du fisc royal. Philibert fait bâtir quatre églises dans son monastère : la principale sous le vocable de saint Pierre, les trois autres sous ceux de Notre-Dame, saint Denis et saint Germain. Il choisit la règle de saint Benoît pour les moines de l’abbaye, qui se partage entre prière et travail.

 

A l’abbaye d’hommes de Jumièges, Philibert annexe un monastère de femmes, installé sur une propriété du duc Amalbert, au nord-ouest de Rouen, puis transféré à Pavilly. Ce monastère est alors placé sous la direction d’Austreberthe, abbesse de Port-le-Grand, près d’Abbeville

 

De ces éléments historiques attestés par les sources archivistiques est née une légende, dite du Loup vert, que se partagent dans l’iconographie saint Philibert et sainte Austreberthe. Plusieurs versions existent. Pour certains, c’est sainte Austreberthe qui punit le loup, pour d’autres saint Philibert

 

« Sainte Austreberthe, afin de prouver à son vieil ami Philibert [sa] reconnaissance (…) lui offrit de faire blanchir par ses religieuses le linge de la sacristie de Jumièges. Le marché fut accepté, et voici comment il s'exécutait : Chaque semaine, un âne convenablement dressé, venait tout seul à travers bois, de Pavilly à Jumièges, apporter le linge blanc et prendre le linge sale. Cela durait depuis longtemps, sans que jamais le fidèle âne eût égaré la moindre serviette, quand, par une journée d'hiver où des loups affamés rôdaient autour de la forêt, l'âne revenant de Jumièges fut attaqué, tué et dévoré. L'heure à laquelle son messager avait coutume de rentrer étant passée, sainte Austreberthe conçut de l'inquiétude et vint, après vêpres, par le chemin ordinaire à la rencontre du pauvre âne. Que vit-elle : Hélas, au détour d'un buisson, les paquets de linge éparpillés sur la neige, les paniers de l'âne brisés, et l'âne lui-même prêt à finir de disparaître sous la sanglante mâchoire d'un affreux loup ! L'abbesse poussa un grand cri ; alors, le loup leva la tête en grondant ; mais à l'aspect de la sainte, il fut pris d'une telle frayeur que son poil changea de couleur et devint vert de roux qu'il était La sainte fit signe au loup de venir à elle ; il quitta les restes de l'âne et obéit. Puis la sainte ramassa les paniers de l'âne et les arrangea sur l'échine du loup qui se laissa faire ; elle prit les paquets étalés par terre, les remit dans les paniers et, ordonnant au loup de la suivre, elle retourna au couvent, consolée et bénissant le seigneur. Le loup suivait, les oreilles et la queue basse. Là ne se borna point le miracle de sa transfiguration ; il resta au couvent, suivant la sainte partout comme un chien, se laissant battre fort docilement, et quand le linge fut près à être reporté à Jumièges, on en chargea le loup qui eut bientôt fait oublier son infortuné prédécesseur l'âne, tant il mit d'empressement et de diligence à cette commission. Il vécut fort vieux et resta jusqu'à sa mort le très intelligent messager des deux abbayes. Notez bien qu'en changeant de couleur, il avait aussi changé de mœurs : roux il était horriblement carnivore ; devenu vert, il ne se nourrit plus que d'herbe. Quand saint Philibert vit venir ce loup qui lui portait ses aubes et ses surplis, je vous laisse à penser quel fut son étonnement. Instruit plus tard des détails que je viens de vous dire, il voulut perpétuer la mémoire du fait ; il fit venir des sculpteurs pour raconter la chose sur la pierre de son abbaye (…) »...

 

Par Auguste Luchet, Journal de Rouen, n°129, 9 mai 1837 (ADSM)

 

Cette légende est effectivement gravée dans la pierre : une clef de voûte, aujourd’hui conservée dans le logis abbatial porte un médaillon central qui représente saint Philibert auréolé et assis, tenant sa crosse de sa main gauche et plaçant sa main droite sur le dos du loup. En arrière-plan, un arbre symbolise la forêt de la légende. On distingue encore quelques traces de polychromie ocre.

 

http://www.abbayedejumieges.fr/